l/(G MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
rante ans. Ces quatre-vingts sages, dont la car-rière politique était terminée , ne pourraientplus occuper aucune fonction publique. Cetteidée plut généralement, et fut commentée dediverses manières : les sénateurs étaient à vie ,c’était une nouveauté depuis la révolution , etl’opinion souriait à toute idée de stabilité; elleétait fatiguée des incertitudes et de la variétéqui s’étaient succédé depuis dix ans.
Peu après il fit connaître sa théorie de lareprésentation nationale ; il la composait dedeux branches : un corps-législatif de deux-cents cinquante députés, ne discutant pas ,mais qui semblable à la grand’chambre duparlement, voterait et délibérerait au scrutin ;un tribunal de cent députés, qui, semblable auxenquêtes, discuterait, rapporterait, plaideraitcontre les résolutions rédigées par un conseild’état, nommé par le gouvernement, qui se trou-verait investi de la prérogative de rédiger leslois. Au lieu d’un corps-législatif, turbulent,agité par des factions et par ses motions d’or-dre si intempestives, on aurait un corps grave,qui délibérerait après avoir écouté une longuediscussion dans le silence des passions. Cepen-dant le tribunat aurait la double fonction dedénoncer au sénat les actes du gouvernementinconstitutionnels, même les lois adoptées par