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Tome premier. [1/1.]
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222 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,

était suivi par le reste du convoi : la populationtout entière se porta sur le quai, dès la pointedu jour, pour devancer l’arrivée de ce secourssi ardemment attendu. Son espérance fut trom-pée, rien n’arriva, et le soir on annonça qu’ilétait tombé au pouvoir de l’ennemi. Le décou-ragement devint extrême, les magistrats de laville eurent recours aux magasins de cacao,dont il existait une grande quantité chez lesnégociants. Cette ville est l’entrepôt qui enfournit à toute l’Italie . Il s’y trouvait aussi desmagasins de millet, d’orge, de fèves. Dès le 24mai, la distribution du pain avait cessé; on nerecevait plus que du cacao. Les denrées depremière nécessité étaient hors de prix : unelivre de mauvais pain coûtait trente francs ; lalivre de viande, six francs; une poule, trente-deux francs. Dans la nuit du premier au deux,on crut entendre le canon. Les soldats, les ha-bitants se portèrent avant le jour sur les rem-parts; vaine illusion, ces espérances déchuesaccroissaient le découragement : la désertionétait assez considérable, ce qui est rare dansles troupes françaises; mais les soldats n’avaientpas une nourriture suffisante. 8,000 prisonniersautrichiens étaient sur les pontons et dans lesbagnes : ils avaient reçu jusque alors les mêmesdistributions que les soldats; mais enfin il n’é-