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Tome premier. [1/1.]
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qui 11’cst séparée du fort que par le torrent dela Doria. Vainement, toute la nuit, il plut unegrêle de mitraille, à une demi-portée de fusil,sur les Français qui étaient dans la ville : ils s’ymaintinrent, et enfin, par considération pourles habitants, le feu du fort cessa.

L’infanterie et la cavalerie passèrent un àun, par le sentier de la montagne de gauche ,qu’avait gravie le premier consul, et où jamaisn’avait passé aucun cheval : c’était un sentierconnu seulement des chevriers.

Les nuits suivantes , les officiers d’artillerie,avec une rare intelligence, et les canonniers,avec la plus grande intrépidité, firent passerleurs pièces par la ville. Toutes les précautionsavaient été prises pour en cacher la connais-sance au commandant du fort: le chemin avaitété couvert de matelats et de fumier ; les piècescouvertes de branchages et de paille, étaienttraînées, à la bricole, dans le plus grand si-lence. On traversait ainsi un espace de plu-sieurs centaines de toises, à la portée de pis-tolet des batteries du fort. La garnison ne sedoutant de rien, faisait cependant des déchargesde temps en temps, qui tuèrent ou blessèrentbon nombre de canonniers ; mais cela ne ra-lentit en rien leur zèle : le fort ne se renditque dans les premiers jours de juin. On était