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Tome premier. [1/1.]
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2G4 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

alors parvenu, avec des peines extrêmes, àmonter plusieurs pièces sur l’Albaredo, d’oùelles foudroyèrent les batteries du fort. S’il eneût fallu attendre la prise, pour faire passerl’artillerie, tout l’espoir de la campagne eûtété perdu.

Cet obstacle fut plus considérable que celuidu Grand-Saint-Bernard lui-même; et cependantni l’un ni l’autre ne retardèrent d’un seul jourla marche de l’armée. Le premier consul con-naissait bien l’existence du fort de Bard; maistous les plans et tous les renseignements à cesujet, permettaient de le supposer facile àenlever. Cette difficulté, une fois surmontée,eut un effet avantageux. L’officier autrichienqui commandait le fort, expédia lettre surlettre à Mêlas, pour l’instruire qu’il voyaitpasser plus de 3o,ooo hommes au moins, 3 ou4,ooo chevaux, et un nombreux état-major ;que ces masses se dirigeaient sur sa droite, parun escalier dans le rocher Albarédo : mais qu’ilpromettait que ni un caisson, ni une pièce d’ar-tillerie, ne pourraient passer; qu’il pouvait tenirun mois, et qu’ainsi, jusqu’à cette époque, iln’était pas probable que l’armée française osâtse hasarder en plaine, n’ayant pas encore reçuson artillerie. Lors de la reddition du fort,tous les officiers de la garnison furent élran-