l6o MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
gaison appartenait en tout ou en partie à unnégociant ennemi. La Russie voulut faire valoir,comme une concession en sa faveur, que lesmunitions navales n’étaient pas comprises parmiles objets de contrebande ! Mais il n’y a plusde contrebande, lorsque tout peut le devenirpar la suspicion du propriétaire, et tout est con-trebande, quand le pavillon ne couvre plus lamarchandise.
Nous avons dit dans ce chapitre, que les prin-cipes des droits des neutres sont : i° que le pa-villon couvre la marchandise ; a° que le droitde visite ne consiste qu’à s’assurer du pavillon,et qu’il n’y a point d’objet de contrebande;3 ° que les objets de contrebande sont les seulesmunitions de guerre; 4° que tout bâtimentmarchand, convoyé par un bâtiment de guerre,ne peut être visité; 5 ° que le droit de blocusne peut s’entendre que des ports réellementbloqués. Nous avons ajouté que ces principesavaient été défendus par tous les jurisconsulteset par toutes les puissances, et reconnu danstous les traités. Nous avons prouvé qu’ilsétaient en vigueur en 171k», et furent respectéspar les Anglais ; qu’ils l’étaient encore en 1800,et furent l’objet de la quadruple alliance, si-gnée le 16 décembre de cette année. Aujour-d’hui il est vrai de dire que la Russie, la Suède ,