Band 
Tome deuxième. [2/1.]
Seite
176
JPEG-Download
 

176 MEMOIRES 1 )E NAPOLÉON.

soutenir par le Guillaume-Tell, son troisièmevaisseau de 80.

L’amiral Brueis, dans cette position, ne crai-gnait pas d’être attaqué par sa gauche, qui étaitappuyée par l’île; il craignait davantage pour sadroite. Mais, si l’ennemi se portait sur elle, ilperdait le vent. Dans ce cas, il paraît que l’inten-tion deBrueisétait d’appareiller avec son centreet sa gauche. II considéra cette gauche commetellement à l’abri de toute attaque, qu’il nejugea pas nécessaire de la faire protéger par lefeu de l’île. La faible batterie qu’il y fit établir,n’avait d’autre but que d’empêcher l’ennemid’y débarquer. Si l’amiral avait mieux connu sasituation , il eût établi, dans cette île, une ving-taine de pièces de 36 et huit ou dix mortiers;il eût fait mouiller sa gauche auprès d’elle; ileût rappelé d’Alexandrie les deux vaisseauxde 64, qui auraient fait deux excellentes batte-ries flottantes, et qui, tirant moins d’eau queles autres vaisseaux, auraient encore pu s’ap-procher davantage de l’île; enfin il eût tiré d’A-lexandrie 3,000 matelots du convoi, qu’il eûtdistribués sur ses vaisseaux, pour en renforcerles équipages. Il eut recours, il est vrai, à cetteressource; mais ce ne fut qu’au dernier moment,et lorsque le combat était engagé ; de sorte quecela 11e fit qu’accroître le désordre. Il se fit