J 82 MÉMOIRES DE KAPOLÉON.
phon, le Majestueux et le Minolaure suivirentle même mouvement, et engagèrent le centre dela ligne française jusqu’au Tonnant, son hui-tième vaisseau. L’amiral et ses deux matelotsformaient une ligne de trois vaisseaux fort su-périeurs à ceux des Anglais . Le feu fut terrible,le Bellerophon dégréé, démâté et obligé d’ame-ner. Plusieurs autres bâtiments anglais furentobligés de s’éloigner ; et si, dans ce moment,le contre-amiral Villeneuve, qui commandaitl’aile droite française, eût coupé ses câbles, etfût tombé sur la ligne anglaise, avec les cinqvaisseaux, qui étaient sous ses ordres, l’Heureux,le Timolèon , le Mercure, le Guillaume - Tell,le Généreux, et les frégates la Diane et la Jus-tice', elle eût été détruite. Le Culloden étaitéchoué sur le banc de Béquières , et le Lèandreoccupé à tâcher de le relever. L’Alexandre ,le Switsfure et deux autres vaisseaux anglais ,voyant que notre droite ne bougeait pas, etque le centre de la ligne anglaise était maltraité,s’y portèrent. L’Alexandre remplaça le Belle-rophon , et le Switsfure attaqua le Franchlin. LeLéandre , qui jusque alors avait été occupé à rele-ver le Culloden, appelé par le danger que cou-rait le centre, s’y porta pour le renforcer. Lavictoire n’était rien moins que décidée. LeGuerrier et le Conquérant ne tiraient plus,