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MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
les mêmes dépenses. Si l’on compare le maté-riel de toute l’artillerie de 120,000 hommes,des charrois, des vivres, des ambulances, aveccelui de trente vaisseaux, les deux dépensessont égales ou à peu près. En calculant, dansl’armée de terre, 20,000 hommes de cavalerie,et 20,000 d’artillerie ou des équipages, l’entre-tien de cette armée est incomparablement plusdispendieux que celui de l’armée navale.
La France pouvait avoir trois flottes de trentevaisseaux , comme trois armées de 120,000hommes.
La guerre de terre consomme en généralplus d’hommes que celle de mer; elle est pluspérilleuse. Le soldat de mer, sur une escadre,ne se bat qu’une fois dans une campagne, lesoldat de terre se bat tous les jours. Le soldatde mer, quels que soient les fatigues et lesdangers attachés à cet élément, en éprouvebeaucoup moins que celui de terre : il ne souffrejamais de la faim, de la soif, il a toujours aveclui son logement, sa cuisine, son hôpital et sapharmacie. Les armées de mer, dans les ser-vices de France et d’Angleterre , où la disciplinemaintient la propreté, et où l’expérience a faitconnaître toutes les mesures qu’il fallait pren-dre pour conserver la santé , ont moins demalades que les années de terre. Indépendant-