BATAILLE NAVALE d’aBOUKIR. 1 8 t)
ment du péril des combats, le soldat de mer acelui des tempêtes; mais l’art a tellement di-minué ce dernier, qu’il ne peut être comparéà ceux de terre, tels qu’émeutes populaires,assassinats partiels, surprises de troupes légè-res ennemies.
Un général commandant en chef une arméenavale, et un général commandant en chef unearmée de terre, sont des hommes qui ont be-soin de qualités différentes. On naît avec lesqualités propres pour commander une arméede terre, tandis que les qualités nécessairespour commander une armée navale, ne s’ac-quièrent que par expérience.
Alexandre, Gondé, ont pu commander dèsleur plus jeune âge; l’art de la guerre de terreest un art de génie, d’inspiration ; mais niAlexandre, ni Condé, à l’âge de a2 ans, n’eus-sent commandé une armée navale. Dans celle-ci, rien n’est génie, ni inspiration; tout y estpositif et expérience. Le général de mer n’abesoin qne d’une science, celle de la navi-gation. Celui de terre a besoin de toutes, oud’un talent qui équivaut à toutes, celui deprofiter de toutes les expériences et de toutesles connaissances. Un général de mer n’a rien àdeviner, il sait où est son ennemi, il connaît