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Tome deuxième. [2/1.]
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IÇ)° MÉMOIRES I)E NAPOLÉON.

sa force. Un général de terre ne sait jamaisrien certainement , ne voit jamais bien sonennemi, ne sait jamais positivement où il est.Lorsque les armées sont en présence, le moin-dre accident de terrain, le moindre bois cacheune partie de l’armée. L’œil le plus exercé nepeut pas dire s’il voit toute l’armée ennemie,ou seulement les trois quarts. C’est par les yeuxde l’esprit, par l’ensemble de tout le raison-nement, par une espèce d’inspiration , que legénéral de terre voit, connaît et juge. Le gé-néral de mer n’a besoin que d’un coup d’œilexercé; rien des forces de l’ennemi ne lui estcaché. Ce qui rend difficile le métier de généralde terre, c’est la nécessité de nourrir tantd’hommes et d’animaux ; s’il se laisse guiderpar les administrateurs, il ne bougera plus, etses expéditions échoueront. Celui de mer n’estjamais gêné; il porte tout avec lui. Un généralde mer n’a point de reconnaissance à faire, nide terrain à examiner, ni de champ de ba-' taille à étudier. Mer des Indes, mer d’Amérique,Manche, c’est toujours une plaine liquide. Leplus habile n’tiura d’avantage sur le moins ha-bile, que par la connaissance des vents quirégnent dans tels ou tels parages, par la pré-voyance de ceux qui doivent régner, ou par