MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
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Aussitôt que le général en chef se fut assuréque l’artillerie n’était point mobile, il fut évi-dent qu’elle ne quitterait point le camp retran-ché, non plus que l’infanterie; et que, si cettedernière sortait, elle se trouverait sans artil-lerie. Les dispositions de la bataille devaientêtre une conséquence de ces données; on ré-solut de prolonger notre droite, et de suivre lemouvement de cette aile avec toute l’armée,en passant hors de la portée du canon du campretranché. Par ce mouvement, nous n’avions af-faire qu’aux Mamelucks et à la cavalerie; et nousnous placions sur un terrain où l’infanterie etl’artillerie de l’ennemi ne devaient lui être d’au-cun secours.
§ IV.
Mourah-Bey, qui commandait en chef toutel’armée, vit nos colonnes s’ébranler, et ne tardapas à deviner notre but. Quoique ce chef n’eûtaucune habitude de la guerre, la nature l’avaitdoué d’un grand caractère, d’un courage àtoute épreuve et d’un coup d’oeil pénétrant.Les trois affaires que nous avions eues avec les• Mamelucks , lui servaient déjà d’expérience. Ilsentit, avec une habileté qu’on pourrait àpeineattendre du général européen le plus con-sommé, que le destin de la journée consistait