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Tome deuxième. [2/2.]
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94 MÉMOIRES DE NAPOLÉON .

d’un czar s’il ne rejetait les Russes au delà duBorysthène, et ne relevait le trône de Pologne ,barrière naturelle de l’empire. En 1812, l’Au-triche, la Prusse , l’Allemagne, la Suisse, l’Ita-lie, marchaient sous les aigles françaises ; Na-poléon ne devait-il pas croire le momentarrivé de consolider cet immense édifice qu’ilavait élevé, mais sur le sommet duquel laRussie pèserait de tout le poids de sa puis-sance, aussi long-temps qu’elle pourrait, àson gré, porter ses nombreuses armées surl’Oder . Alexandre était jeune et plein de force,comme son empire ; il était à présumer qu’ilsurvivrait à Napoléon. Voilà tout le secret decette guerre. Aucun sentiment personnel nes’y est mêlé, comme l’ont prétendu des folli-culaires. La campagne de Russie est la plusglorieuse , la plus difficile et la plus hono-rable pour les Gaulois, dont l’histoire ancienneet moderne fasse mention. Les Russes sontde très-braves troupes, toute leur armée étaitréunie à la bataille de la Moscowa, ils avaient170,000 hommes, y compris les troupes deMoskow ; Kutusow avait pris une très-belleposition et l’avait occupée avec intelligence.Il avait tous les avantages pour lui, supério-rité d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie, po-sition excellente , un grand nombre de re-