ï/|4 MÉMOIRES Dli NAPOLÉON,
suivirent à dix minutes de distance. La garderenversa tout ce qu’elle rencontra. Le soleil étaitcouché. L’ennemi paraissait former son arrière-garde pour appuyer sa retraite. La victoirenous échappa. La quatrième division du pre-mier corps qui occupait La-Haye , abandonnace village aux Prussiens après une faible ré-sistance. Notre ligne fut rompue. La cavalerieprussienne inonda le champ de bataille. Ledésordre devint épouvantable. La nuit l’aug-mentait et s’opposait à tout. S’il eût fait jour,et que les troupes eussent pu voir Napoléon,elles se fussent ralliées. La garde fit sa retraiteen bon ordre. Napoléon, avec son état-ma-jor, resta long-temps au milieu de ses carrés.Ces vieux grenadiers, ces vieux chasseurs,modèles de l’armée dans tant de campagnes ,se couvrirent d’une gloire nouvelle sur leschamps de Waterloo . Le général Friant futblessé, Michel Duhesrne, Poret de Morvan,trouvèrent une mort glorieuse. Jamais l’arméefrançaise ne s’est mieux battue que dans cettejournée : elle, a fait des prodiges de valeur.Sans l’arrivée, à la nuit, du premier et dudeuxième corps prussien , la victoire était ànous, et i?.o mille anglo-prussiens étaient bat-tus par 60 mille Français .