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Tome deuxième. [2/2.]
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l48 MÉMOIRES DE NAPOLÉON .

d’honneur. Car ce serait une étrange préten-tion de la part des militaires que celle d’avan-cer, qu’eux seuls aient de l’honneur. Les soldatsne sachant ni lire, ni écrire, étaient fiers, pourprix d’avoir versé leur sang pour la patrie,de porter la même décoration que les grandstalents de l’ordre civil, et par contre, ccux-ciattachaient d’autant plus de prix à cette récom-pense de leurs travaux, qu’elle était la déco-ration des braves. Mais Crescentini? Il est vraique dans un moment d’enthousiasme, au sor-tir d’entendre les belles scènes de Roméo etJuliette, Napoléon lui donna la croix de lacouronne de fer. Mais Crescentini était bien né ;il appartenait à la bonne bourgeoisie de lîolo-gne, de cette ville si chère à son cœur. Il crutplaire aux Italiens, il se trompa, le ridicule s’enmêla; si cela eut été approuvé par l’opinion,il eût donné la légion d’honneur à Talma, àSt.-Prix , à Fleury, à Grandménil , à Laïs, à Gar-del, à Elleyiou ; il ne le fit pas, par égard pourla faiblesse et les préjugés de son siècle; il euttort. La légion d’honneur était la propriété detout ce qui honorait, illustrait son pays, était àla tète de son état, et contribuait à sa prospéritéet à sa gloire. Ce qui a mécontenté quelquesofficiers, c’est que la décoration de la légiond’honneur était la meme pour l’officier et pour