354 MÉMOIRES DE NAPOLÉOW.
un cabinet oti j’écrivis la note ci-jointe. Lorsque jel’eus écrite, je rentrai dans l’appartement. M. de Met-ternich me dit : « Voici lord Aberdeen, ambassadeurd’Angleterre . Nos intentions sont communes, ainsinous pouvons continuer à nous expliquer devant lui.Il m’invita alors à lire ce que j’avais écrit. Lorsque jefus à l’article qui concerne l’Angleterre , lord Aber-deen parut ne l’avoir pas bien compris. Je le lus uneseconde fois. Alors il observa que les expressionsliberté du commerce et droits de la navigation étaientbien vagues. Je répondis que j’avais écrit ce que lecomte de Metternich m’avait chargé de dire. M. deMetternich reprit qu’effectivement ces expressionspouvaient embrouiller la question et qu’il valait mieuxen substituer d’autres. Il prit la plume et écrivit quel’Angleterre ferait les plus grands sacrifices pour lapaix fondée sur ces bases ( celles énoncées précédem-ment ).
J’observai que ces expressions étaient aussi vaguesque celles qu’elles remplaçaient. Lord Aberdeen enconvint, et dit qu’il valait autant rétablir ce que j’a-vais écrit; qu’il réitérait l’assurance que l’Angleterre était prête à faire les plus grands sacrifices ; qu’ellepossédait beaucoup, qu’elle rendrait à pleines mains.Le reste de la note ayant été trouvé conforme à ceque j’avais entendu, on parla de choses indifférentes.
Le prince de Sehwartzenberg entra, et on lui ré-péta tout ce qui avait été dit. Le comte de Nesselrode ,qui s’était absenté un moment pendant cette conver-sation , revint, et me chargea delà part de l’empereur