MÉMOIRES UE NAPOLÉON.
36 a
ne peut prévoir les conséquences d’un tel système.Il faut tout écouter, tout observer. Il n’est pas cer-tain qu’on vous reçoive au quartier - général : lesRusses et les Anglais voudront écarter d’avance tousles moyens de conciliation et d’explication avec l’empe-reur d’Autriche . Il faut tâcher de connaître les vues desalliés, et me faire connaître jour par jour ce que vousapprendrez, afin de me mettre dans le cas de vousdonner des instructions que je ne saurais sur quoi ba-ser aujourd’hui. Veut-on réduire la France à ses an-ciennes limites ? c’est l’avilir.
.On se trompe si on croit
que les malheurs de la guerre puissent faire desirerà la nation une telle paix. Il n’est pas un cœur fran-çais qui n’en sentît l’opprobre au bout de six mois,et qui ne la reprochât au gouvernement assez lâchepour la signer. L’Italie est intacte, le vice-roi a unebelle armée. Avant huit jours, j’aurai réuni de quoilivrer plusieurs batailles, meme avant l’arrivée de mestroupes d’Espagne. Les dévastations des Cosaques ar-meront les habitants, et doubleront nos forces. Si lanation me seconde-, l’ennemi marche à sa perte. Si lafortune me trahit, mon parti est pris, je ne tiens pasau trône. Je n’avilirai ni la nation ni moi, en sous-crivant à des conditions honteuses. Il faut savoir ceque veut Metternich ; il n’est pas de l’intérêt de l’Au-triche de pousser les choses à bout; encore un pas,et le premier rôle lui échappera. Dans cet état dechoses, je ne puis rien vous prescrire. Bornez-vous