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MÉMOIRES DR NAPOLÉON.
Cbâtillon-sur-Seiott, le s 5 janvier 1814 > au soir.
Prince,
En mettant de l’empressement à m’engager a mediriger sur Châtillon , V. Exc. me faisait espérer quela prompte réunion des négociateurs allait mettre unterme aux délais toujours renaissants qui se succèdentdepuis près de deux mois. Dès le 6' décembre, l’ac-ceptation formelle par la France des bases de la paixétait arrivée à Francfort , et a été aussitôt communi-quée par les alliés à la cour de Londres ; et ce n’estqu’un mois après, le 6 janvier, que son ministre estarrivé sur le continent. Le i 4 , après un délai plusque suffisant, il était attendu d’un instant à l’autre.Nous voici au 26’; et V. Exc. dont je suis si prèsmaintenant, ne m’a encore rien annoncé. Après unesi longue attente, douze jours viennent d’être per-dus, dans un moment où, d’une minute à l’autre, lesang de tous les peuples du continent va couler partorrent. Tous les maux qu’entraîne la guerre sont ce-pendant sans motifs comme sans résultat, depuis quele vœu de la paix exprimé par toutes les nations, etles explications qui ont déjà eu lieu, ont levé toutes lesdifficultés essentielles. Le destin du monde devra-t-ilcontinuer à dépendre indéfiniment des retards de lord