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presse autant que je puis le faire sans me jeter à latête de ces-gens ci, et sans me mettre à leur merci.
C’est dans cette situation que je reçois une lettrepleine d’alarmes. J’étais parti les mains presque liées,et je reçois des pouvoirs illimités. On me retenait etl’on m’aiguillonne. Cependant on me laisse ignorerles motifs de ce changement. On me fait entrevoirdes dangers, mais sans me dire quel en est le degré ;s’ils viennent d’un seul côté ou de plusieurs. V. M.d’abord, et l’armée quelle commande ; Paris , la Bre-tagne , l’Espagne, l’Italie , se présentent tour à tour, ettout à la fois à mon esprit; mon imagination se portede l’une à l’autre, sans pouvoir former d’opinion fixe ;ignorant la vraie situation des choses, je ne peux ju-ger ce qu’elle exige et ce qu’elle permet ; si elle esttelle que je doive consentir à tout, aveuglément, sansdiscussion et sans retard, ou si j’ai pour discuter, dumoins les points les plus essentiels, plusieurs joursdevant moi ; si je n’en ai qu’un seul, ou si je n’ai pasun moment. Cet état d’anxiété aurait pu m’être épar-gné par des informations que la lettre de M. de Bas-sano ne contient pas.
Dans l’ignorance où elle me laisse, je marcheraiavec précaution , comine on doit le faire entre deuxécueils ; mais à toute extrémité, je ferai tout ce queme paraîtront exiger la sûreté de V. M., et le salutde mon pays.
Je suis, etc.