4o8 MEMOIRES DE NAPOLÉON,
position, que sur celle de V. M., elle doit m’en croire.Je vois les choses ce qu’elles sont; et les consé-quences , ce qu’elles peuvent devenir. La peur a unitous les souverains, le mécontentement a rallié tousles Allemands* La partie est trop bien liée pour larompre. En acceptant le ministère dans les circon-stances où je l’ai pris, en me chargeant ensuite decette négociation, je me suis dévoué pour vous ser-vir , pour sauver mon pays ; je n’ai point eu d’autrebut ; et celui-là seul était assez noble, assez élevé pourme paraître au-dessus de tous les sacrifices. Dans maposition je ne pouvais qu’en faire , et c’est ce qui m’adécidé. V. M. peut dire de moi tout le mal qu’il luiplaira : au fond de son cœur elle ne pourra en penser,et elle sera forcée de me rendre toujours la justice deme regarder comme l’un de ses plus fidèles sujets, etl’un des meilleurs citoyens de cette France , que jene puis être soupçonné de vouloir avilir, quand jedonnerais ma vie pour lui sauver un village.
Je suis, etc.
Signé, Caulaincourt , duc de Vieence.