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Tome sixième.
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POLITIQUE 1)U DIRECTOIRE. 5f)

comme une faveur; elle n’était de fait qu’unmoyen d’assurer l’invasion. A Berne , les partisprofitèrent de ce délai, non pour se créer desmoyens de défense, mais pour chercher à se ren-verser l’un l’autre. Aux camps de Morat et deGuminen, les soldats bernois, qui depuis unmois étaient inactifs, s’imaginèrent qu’on les tra-hissait et qu’on voulait les livrer sans défense auxFrançais . Rien n’avait été négligé pour abuser deleur crédulité et de leur inquiétude. Ces hommesétaient généreux, et, comme ceux qui ont quittéleurs foyers pour les défendre, ils voulaient sebattre ou y retourner. Les Suisses sont connuspour leur amour de famille, surtout les monta-gnards. La division de Morat était commandéepar le baron d’Erlach , d’une illustre famille. Cegénéral partageait l’opinion de ses soldats, blâ-mait comme eux cette trêve impolitique;et, dé-terminé enfin par leur séditieuse impatience, ilse rendit, avec un grand nombre de ses officiers,au Conseil souverain. 11 parla en homme d’étatet en homme île cœur. Il prouva que les forcesnationales étaient supérieures en nombre à cellesdéployées par la France ; il traita de pusillani-mité la conduite du Gouvernement; il exposala violence des vœux dont son camp retentissaitchaque jour, et le «langer, dans de telles cir-constances, de mécontenter tant de citoyens «pii