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du pays servirent à armer cette population fa-natique de son indépendance ; toutes, jusqu’auxvieilles lances enfouies dans l’arsenal depuis prèsde cinq siècles. L’homme de quinze ans à soixante,qui ne prendrait pas les armes, était déclaré in-fâme. Les bataillons s’organisèrent; les femmesformèrent des compagnies d’ouvriers, et tra-vaillèrent avec ardeur à élever des retranche-ments dans les défilés de leurs montagnes : c’é-tait Sparte ressuscitée. Réding commença sesopérations militaires par surprendre Lucerne ,et s’emparer de son artillerie, moyen de défensequi lui manquait.
Bientôt après, les troupes françaises se por-tèrent contre le canton de Schwitz. Trois com-bats sanglants furent livrés sans succès : de sim-ples montagnards, animés par le sentiment del’indépendance nationale, résistaient aux ef-forts des vainqueurs de l’Autriche . Les générauxfrançais se décidèrent à tourner des positions sivaillamment défendues, et proposèrent de négo-cier. Le peuple rejeta avec fureur cette proposi-tion ; il fit retentir l’air des cris de vaincre oumourir. Cependant, chaque jour, il voyait dimi-nuer ses rangs; la lutte était trop inégale ; la des-truction entière de cette courageuse populationétait évidente. Un prêtre vénérable harangua lespaysans, et les détermina à accepter les proposi-