MEMOIRES DE NAPOLÉON.
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pour l’intérêt commun, formaient un état indé-pendant, qui fut long-temps florissant et heureux.Sescommencementsavaient été basés sur unebelleidée politique : offrir une patrie aux victimes dela politique et de l’intolérance. C’était ainsi queles Grecs s’étaient constitués, et qu’ils étaient par-venus à lutter contre l’Asie et contre les Romains.La Hollande succomba, comme la Grèce , parce-qu’elle était vieille, qu’elle était troublée par desdiscordes intestines, et que son faisceau était àdemi brisé. Elle avait de plus un vice capitaldans son organisation d’état ; son souverain n’enétait pas un, et il avait en main tous les moyensde le devenir. Tant que les princes de Nassau nefurent pas ambitieux pour leur propre compte,ils vécurent honorés et glorieux, et eurent un beaurang dans l’Europe . Ils avaient courageusementrésisté à Louis XIY, leur pavillon était respecté ;ils avaient de la prépondérance parmi les sou-verains du second ordre, et ceux du premier or-dre recherchaient leur alliance. Ils étaient dansla véritable condition d’un bon gouvernement :égalité dans la souveraineté entre le prince et lesÉtats - généraux. Une fois cette égalité rompuepar un empiètement de l’un ou de l’autre, il de-vait y avoir péril pour tous les deux; c’est cequi arriva.
Une veine aristocratique circulait dans ce corps