POLITIQUE DU DIRECTOIRE. I I 3
troisième voix vint se joindre à l’une des deuxqui avait fait partage, et vota pour le referen-dum; ce qui donnait quatre voix sur six à cetteopinion. Malgré cela, le président des Etats osadonner le scandale, jusqu’alors sans exemple,de conclure en faveur de l’avis, comme il l’avaitfait la veille. Ainsi la minorité de deux contrequatre l’emporta aux États-généraux; toute pu-deur était bannie de cette assemblée qui avait sou-tenu avec tant d’éclat la fortune de la république,et avait attaché son nom à tant d’événementsglorieux; sa sagesse était perdue, son honneurflétri, et ce grand symptôme de décadence nedevait servir qu’à l’avantage du parti qui voulaitdétruire la souveraineté, et qui, en attendant lemoment de se mettre à sa place, jouissait et pro-fitait de la considération dont il avait su le frap-per lui-même, en le corrompant et en brisantson lien politique avec la nation.
Le parti stathoudérien osa davantage. Le princefit paraître un manifeste, où, après avoir traitéde rébellion toutes les oppositions qui s’étaientprononcées dans les villes de Rotterdam, d’Ams-terdam , d’Utreclit, et avoir déclaré qu’il allaitconcourir de tous ses moyens à la destructiondes ennemis de l’ordre public, il demandaitqu’on lui rendît le commandement de La Haye ,les fonctions de capitaine-général; aloxvs il pren-Montholon.—Tome VI. 8