134 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,
une humiliation positive, et un salut douteux.La Prusse s’en contenterait-elle? et, dans le cascontraire, la France armerait-elle pour soutenirses conseils? Cette proposition fut prise ad reje-rendum par les États de Hollande. A Amsterdam elle fut violemment rejetée; remise enfin en dé-libération dans l’assemblée générale , elle futadmise à la majorité de dix contre quatre. Qua-tre villes et l’ordre équestre refusèrent de voter.La lettre fut donc écrite à la princesse dans lesens qui avait été indiqué par le ministère deFrance . Mais tout était devenu fatal aux* patrio-tes : le 8 septembre 1787, cette résolution avaitété prise, la lettre écrite, envoyée à la prin-cesse, copie remise à M. Tbulemeyer pour êtreexpédiée à sa cour; et, le lendemain 9, ce mi-nistre reçut de Berlin , et transmit au conseil deHollande une note par laquelle le roi son maîtresignifiait ses dernières intentions, qui anéan-tissaient toute espérance d’une conciliation quel-conque. Le Roi fixait aux États un terme dequatre jours pour faire des excuses à sa sœur,pour désavouer tout ce qui avait été fait parla commission de Woorden, touchant le voyagede la princesse, et pour punir ceux dont elledéclarerait avoir à se plaindre, faute de quoiles troupes de Wesel entreraient sur le terri-toire de la République . Cette note menaçante,