PIÈCES JUSTIFICATIVES. 463
Vous m’annoncez dix mille hommes de l’Océan etdix mille du Rhin ; mais rien de cela n’arrive. Il y acependant six décades de votre annonce. On dit mêmeque la tête de cette colonne de l’Océan a rétrogradé.
Il paraît, d’après la lettre de l’Empereur, qu’unelutte se prépare pour janvier; faites au moins que lessecours qui devaient arriver contre Alvinzi, et dontla victoire d’Arcole nous a mis à même de nous passer,arrivent actuellement, sans quoi vous sacrifierez l’ar-mée la plus attachée à la constitution, et qui, quelsque soient les mouvements que se donnent les enne-mis de la patrie, sera attachée au gouvernement et àla liberté avec le même zèle et la même intrépiditéqu’elle a mis à conserver l’Italie à la République .
Je le dis avec une vraie satisfaction ; il n’est pointd’armée qui désire davantage la conservation de laconstitution sacrée, seul refuge de la liberté et dupeuple français. L’on hait ici et l’on est prêt à com-battre les nouveaux révolutionnaires, quel que soitleur but. Plus de révolution, c’est l’espoir le plus cherdu soldat. Il ne demande pas la paix, qu’il désire in-térieurement, parce qu’il sait que c’est le seul moyende ne la pas obtenir, et que ceux qui ne la désirentpas l’appellent bien haut pour qu’elle n’arrive pas. Lesoldat se prépare à de nouvelles batailles ; et s’il jettequelquefois un coup d’œil sur l’esprit qui anime plu-sieurs villes dans l’intérieur, son regret est de voir lesdéserteurs accueillis, protégés, et les lois sans forcedans un moment où il s’agit de décider le sort dupeuple français.