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Tome sixième.
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MÉMOIRES DE NAPOLEON .

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voulant nous jouer nous-mêmes par des ouverturesde paix pleines de mauvaise foi et de réticences. C’estun malheur, sans doute, de n’avoir pas Mantoue ; maissi nous concluons l’armistice, ne sera-ce pas commesi nous avions conclu la paix, puisque le gouverne-ment n’aura qu’à se résoudre à ne jamais rompre cetarmistice, pour tourner contre l’Empereur le cri detoute l’Europe, s’il recommence les hostilités ? Par cetarmistice, nous restons possesseurs de l’Italie , au moinsjusqu’à la paix, ou nous ne guerroyerons qu’avec l’as-sentiment de tous les peuples. Déjà l’obstination del’Empereur fait pressentir la formation d’une neutra-lité en Allemagne qu’il est de son intérêt de prévenir.

Pourrait-il songer à nous faire reprendre les armescomme il l’avait fait au commencement de cette cam-pagne, sans s’exposer au plus grand danger? Notresituation militaire en Allemagnenousdonnedes moyenscertains d’offensive pour la prochaine, lorsque nousserons un peu réorganisés ; et ne serons-nous pas me-naçants pour l’Autriche, quand l’armée d’Italie aurareçu les renforts quelle attend, et ceux que le Direc-toire exécutif peut encore lui envoyer? Mantoue , ilest vrai, ne sera pas encore pris; mais, quelque abusque l’on puisse supposer dans la surveillance qu’il fau-dra établir pour n’y pas laisser entrer de vivres, il nepourra être tel que cette place puisse obtenir des ap-provisionnements pour deux mois, au-delà de ce qu’elleaura au commencement de la conclusion de la sus-pension d’armes. Il faudra, dit-on, s’attendre avoirvingt mille hommes entrer dans les hôpitaux; mais ces