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Tome sixième.
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PIÈCES JUSTIFICATIVES. I

vingt mille hommes, on les aura acquis en partie parla guérison de nos malades pendant l’armistice, et, deplus, la garnison de Mantoue , obligée d’habiter cetteplace pendant ce temps, aura certainement, au mo-ment du blocus, des malades dans une proportiondouble des nôtres. La bravoure de l’armée d’Italie etles talents des généraux qui la commandent sont en-core des garants de nos succès pendant la campagneprochaine,- et si la neutralité armée de l’Allemagne nous plaçait pendant ce temps en défensive sur le Rhin ,il est facile de sentir combien la réunion de tous nosmoyens à l’armée d’Italie , mieux administrée,lui don-nerait des chances de vaincre et d’entamer une offen-sive brillante. On peut toutefois, sans calomnier soncourage, songer que, si l’armistice n’est pas bientôtconclu, Mantoue peut être débloqué : car les calculsmilitaires les mieux établis sont souvent renversés pâl-ies causes les plus légères. La perte d’une partie del’Italie et celle des amis que nous y avons, seraient lasuite de ce succès de nos ennemis.

On paraît croire que, dans quinze jours, nous pou-vons être attaqués. Si les Autrichiens étaient heureux,leur marche serait soudainement arrêtée par l’effet del’armistice, dans le cas où la cour de Vienne aurait crudevoir le consentir; et alors cet armistice deviendraitprécieux pour nous. A mon avis, dans le mouvementactuel, les chances semblent être incertaines, et il estimpossible de déterminer de quel côté penchera la ba-lance. La cour de Vienne pensera peut-être que, avantde débloquer Mantoue , elle court le risque de perdre