472 3IÉM01HES IXE NAPOLÉON.
une nouvelle armée, dont les débris seraient vivementpoursuivis5 et, eût-elle l’envie d’attaquer au momentoù il sera question d’armistice, ce danger peut la re-tenir et lui en faire signer les conditions, quelquegrandes que soient les espérances sur lesquelles lesévénements lui ont appris à ne pas trop compter. Ausurplus, l’Allemagne , fatiguée, veut la paix commenous. Nos premières ressources sont dans notre cou-rage, et, je n’hésite pas à le dire, dans nos talents;les siennes résident en partie dans la régularité de sesadministrations et dans l’emploi utile qu’elle fait de sesfinances. Il faut mettre fin à une lutte si longue. Noussommes vainqueurs ; les conditions de la paix ne peu-vent qu’être honorables pour nous. Les évènementspeuvent changer cette heureuse situation. Chargé deparler de paix, je n’oublierai jamais ce qu’exigent ladignité nationale et la raison.
Serions-nous arrêtés par l’envie de conquérir Rome ?Quelque glorieux que soit cet avantage, j’ose dire qu’ilne serait que momentané. Nous avons manqué notrerévolution de religion. On est redevenu catholiqueromain en France , et nous en sommes peut-être aupoint d’avoir besoin du Pape lui-même pour faire se-conder chez nous la révolution par les prêtres, et, parconséquent, par les campagnes, qu’ils sont parvenusà gouverner de nouveau.
Si on eût pu anéantir le Pape il y a trois ans, c’eûtété régénérer l’Europe : le terrasser au moment actuel,n’est-ce pas s’exposer à séparer à jamais de notre gou-vernement une foule de Français soumis au Pape, et