MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
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par vos lettres que vous n’aviez aucune envie de vousbattre contre le sacré college, ni contre le Pape, etqu’il était vraiment surprenant que le sage et antiqueconseil du Vatican montrât plus de vivacité et d’em-portement qu’une armée de jeunes Français , enversqui l’on manquait à ses promesses ; que des proposi-tions de paix, quelles quelles soient, ne pouvaient êtreregardées comme un grief, tandis que le manifeste duPape et l’inexécution de l’armistice en formaient unindubitable.
Le cardinal m’a répondu que le renvoi de M. Pie-rachi de Paris et le traité inadmissible, non proposépour base des négociations à Florence , mais commeune loi qu’il fallait accepter, sine qua non le Pape étaitévidemment menacé de la guerre, avaient autorisé àla croire imminente et prochaine ; et que, dans l’im-possibilité de signer le traité, il avait bien fallu songerà sa sûreté; que le manifeste, ainsi que toutes lesmesures que la cour de Rome prend, n’étaient quedéfensives ; et qu’il est, de droit à qui clairement estmenacé, de recourir à tous les moyens de défense;qu’on voyait trop, dans ce qui était arrivé et dans cequi se passait, que le projet de détruire le gouverne-ment papal était arrêté par le Directoire ; qu’on pé-rira s’il le faut, mais non sans faire toute la résistancepossible; qu’il ne pouvait être sage ni juste de rem-plir des conditions d’armistice qui ne feraient quefournir des moyens contre soi, car la paix proposée étaitimpossible. Jusqu’à ce qu’il y eut un traité acceptable,les menaces du Directoire rendaient la guerre trop