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INTRODUCTION.
Jamais monarque ne fut, sous ce rapport, dansune position plus heureuse et plus difficile à la fois queLouis XVI ; aucun ne professa des principes plus phi-lanthropiques et ne fut plus malheureusement victimede son propre ouvrage. S’il mérita le titre de restaura-teur et de bienfaiteur de la monarchie , on est fondé àcroire d’un autre côté qu’il se laissa trop souvent en-traîner par de perfides conseils. Bien des hommesd’Étatont pensé que si ce prince eût suivi franchementle vœu de l’opinion publique, assez prononcé pourqu’il ne pût s’y méprendre ; et s’il eût marché sansdétour dans le sens des intérêts de la nation , en s’a-crifiant ceux de caste ; une ordonnance conforme àl’esprit du temps et au besoin des peuples, eût suffipour empêcher l’explosion révolutionnaire qui boule-versa la France, et mit en feu l’Europe entière.
Mais il était dans la destiné du Roi-Martyr de prou- vver au monde, que le désir du bien est insuffisant surle trône, quand il n’est point accompagné de cetteperspicacité d’esprit et de cette force d’ame , néces-saires pour l’opérer : au moindre obstacle on vit ce fai-ble monarque s’arrêter ou rétrograder; et faute deprendre pour point d’appui la masse de la nation,source de toute force et de toute puissance, il ne suttriompher ni de l’opposition intéressée des parlemens ,ni du coupable égoïsme du clergé, ni des prétentionssuranées de la noblesse.
Cependant si l’on peut faire quelques reproches à ceprince, on ne peut méconnaître , jusque dans sesfautes , la magnanimité qui le caractérise : s’il aima sonpeuple et consentit à lui donner des institutions nou-velles , dut-il paraître étrange que son amour pour le