LIVRE I, CHAF. II.
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bien et la justice lui ait fait prendre à cœur les intérêtsde cette classe nombreuse qui servait la monarchie de-puis sa fondation ? l’histoire impartiale ne doit pas ou-blier que Louis XVI, traité par les exagérés de Coblentz comme un Roi jacobin, fut assassiné par les démagoguespour avoir conspiré contre le peuple ; ces deux juge-ments , portés par les partis extrêmes, seront le té-moignage le plus évident de sa modération et de l’enviequ’il eut de concilier les intérêts de toutes les classesde la nation.
C’est donc aux mesures exagérées de ces deux partisqu’il faut imputer les maux de la révolution. Nous gé-missons avec tous les amis de la France et de l’huma-nité sur les déplorables excès qui ont ensanglanté cepays. Nous ne pouvons nous défendre d’un sentimentd’indignation en songeant à ces insensés, dont les dis-cours furibonds, partis du haut de la tribune nationale,ont soulevé tant de passions au dedans et tant de résis-tances au dehors. Qui pourrait se rappeler sans horreurces jours de deuil et d’épouvante, où les plus fidèlesdéfenseurs des principes , confondus dans la mêmeproscription avec leurs ennemis , se virent livrés en-semble à la hache révolutionnaire ? Si les Français ,portant aujourd’hui leurs regards au dehors de leursfrontières et par-delà l’Océan, peu vent éprouver d’amersregrets , ils doivent aussi trouver quelque consolationà voir consacrer ces mêmes principes pour la conquêtedesquelles ils ont fait tant de sacrifices ; et quel que soitle parti auquel ils aient appartenu, les hommes de bonnefoi conviendront que ces désastres étaient du moins inu-tiles , puisqu’on aurait pu obtenir, dès le mois d’août1789, tout ce qui a été consacré par la charte de 1815.
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