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Il fut sublime et touchant le tableau de cette nuit cé-lèbre, dans laquelle on vit une noblesse généreusese dépouiller de ses droits les plus chers , et un clergérenoncer à des bénéfices devenus l'objet de tant de ré-clamations ! On frappa des médailles pour perpétuer lamémoire de cet événement, et le Roi fut proclamé lerestaurateur de la monarchie. Cependant ces décretsn’atteignirent point leur but ; on remarqua même queles nobles de province , mécontents des concessions decette minorité de leur caste , n’en devenaient que plusardents ennemis du nouvel ordre de choses, et la hainequ’on leur portait s’en accrut.
La révolution aurait du se terminer là , car la masse Auar-
de la nation venait d’obtenir tout ce que l’esprit du ç onfl * it
siècle réclamait impérieusement ; des hommes éclairés des nou-
possédant sa confiance et investis d’une autorité sans vaux J 10U 'i • /i . voir»,
bornes pouvaient procéder avec calme et dignité a îa
rédaction de cette charte constitutionnelle qui faisait
l’espoir de tous. Mais l’anarchie s’était déjà introduite
dans l’État. Montesquieu a dit : « Qu’il est dangereux
» pour les peuples de changer le principe de leur
» gouvernement, parce que le ressort de l’ancien étant
» brisé, celui du nouveau lui succède avec lenteur; il
» s’établit une crise durant laquelle la multitude,
» dégagée des entraves des lois anciennes par l’ap-
» proche des lois nouvelles, brise le contrat social, en
» sorte que la force est substituée à la justice. » Cette
sentence du plus grand des publicistes, est en deux
mots l’histoire de la révolution.
Outre le comité insurrectionnel dont nous avonsparlé, il s’élevait en effet, au milieu de l’effervescenceet de l’agitation des partis, des autorités illégales qui