LIVRE I, CHAP. II.
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mettre des agents de son choix.Danton que nous auronsoccasion de citer trop souvent présida d’abord le dis-trict des Cordeliers.
Une association qui ne tarda pas à étonner l’Europe par son audace etses forfaits, prit aussi naissance dès cespremiers temps ;nous voulons parler des Jacobins. Dansl’origine, cette société se composa d’hommes probes,exaltés peut-être dans leurs idées, mais au moins excu-sables par la sincérité de leur attachement à la liberté.Des patriotes assemblés pour aviser aux moyens de fairetriompher les principes auxquels ils rattachaient toutela grandeur et le bonheur de leur pays, en furent lesfondateurs. Une telle réunion put être utile quand lesseuls magistrats s’y rendaient, afin de s’éclairer sur lamarche des affaires ou d’y concerter des mesures utilesà la chose publique , mais des intrigants s’introduisirentinsensiblement dans ses rangs. Soit qu’ils jugeassentdu premier abord toute la puissance qu’une telle armemettrait infailliblement dans leurs mains, soit qu’ilsn’en eussent acquis l’expérience qu’à mesure de leursprogrès, il est certain que les Jacobins, à l’instar de nou-veaux sectaires, animés de prosélytisme, couvrirentde leurs ramifications les parties les plus reculées de laFrance , et correspondirent régulièrementavecle centreétabli à Paris . Une seconde puissance se forma ainsidans l’Etat ; l’esprit de secte l’emporta sur l’esprit pu-blic , et peu à peu l’étranger, l’intrigant, le mécontentet le fougueux anarchiste, dominèrent ces réunions tu-multueuses , où les avis les plus violents l’emportaientsur le langage de la raison.
Cependant l’Assemblée faisait tous ses efforts pour at-teindre en quelque sorte les hautes destinées auxquelles