Band 
Tome premier. Introduction.
Seite
108
JPEG-Download
 

108

INTRODUCTION.

elle s'était vue appelée : elle persévérait avec énergieet constance dans ses travaux, dont elle se promettaitla restauration du royaume et la rédaction d’une nou-velle constitution qui en assurât le bonheur; elle eûtincontestablement atteint ce but si, entraînée par defaux dogmes , elle n’avait cru augmenter la liberté pu-blique de tout ce qu’elle ôterait à la prérogative royale.

Le parti qui voulait conserver à la monarchie un restede majesté et de vigueur, désirait la constitution an-glaise avec ses deux chambres. Mais si le Roi, les no-bles et le haut clergé voyaient dans l’établissement despairs, un moyen réel de mettre un frein à l’esprit denivellement qui se manifestait déjà avec tant de violence ,les novateurs, par la même raison , craignaient de per-dre leur influence et préféraient une seule chambre ,parce qu’assurés de la majorité ils étaient certains degouverner. Un jeu de mots de Rabaud-St.-Étienne dé-cida d’une matière si importante et si grave ; l’unité dela législation fut décrétée par comparaison avec cellede la divinité.

Le parti d’Orléans n’était pas le seul qui saisit avecempressement toutes les occasions d’abaisser le pouvoirexécutif; la faction américaine , à la tête de laquelle onpeut placer Larneth et Lafayette , comptait des adver-saires non moins redoutables pour la cour : peut-êtreplus pure dans ses principes de liberté, elle n’était pasmoins exagérée dans l’application qu’elle en faisait. Laconstitution des Etats-Unis pour laquelle les chefs de ceparti avaient combattu , était à leurs yeux le proto-type de tout contrat social bien ordonné ; moins on s’enécartait, plus on se croyait près de la perfection. Onassociait les idées de bonheur que le sénat de Washing -