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Tome premier. Introduction.
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LIVRE I, CUAP. II. 109

ton taisait naître, aux souvenirs de grandeur que lesénat romain avait transmis ; et bien des hommes debonne foi crurent un instant, que la nation qui pos-séderait des institutions calquées sur ce modèle feraitle bonheur du genre humain, en renouvelant les beauxjours de Rome et d’Athènes : ils ne songeaient pas quele monde a bien changé de face, non seulement parla différence de mœurs, mais encore par celle quiexiste dans les rapports des États entre eux.

Ces belles illusions, et ces doctrines aussi sédui-santes en apparence que peu solides en réalité, eurentune influence marquée sur tous les travaux de l’As-semblée.

Les premiers pas faits, les réformateurs sentirentbien qu’ils ne pouvaient plus reculer, car s’ils n’en-chaînaient l’autorité par de nouvelles institutions, ilsresteraient en butte à leurs ennemis comme à la ven-geance de la cour et des grands. Une fausse démarcheen entraîne toujours une autre, surtout en révolution ;plus on sappait l’autorité du prince, plus la réconcilia-tion avec la noblesse, le ministère et la famille royale,devenait illusoire , plus l’anarchie devait augmenter.

Tous les travaux du comité chargé de préparer lesdécrets constitutionnels, se ressentirent de cet esprit;si plusieurs de ces actes portent un grand caractèrede sagesse et de libéralité , d’autres, et c’étaient mal-heureusement les plus importants, recevaient l’em-preinte des passions et des intérêts particuliers. Ré-duire le pouvoir exécutif à une nullité presqu’absolue,renforcer l’autorité législative de toute celle qu’onenlevait au ministère; tels furent les principes desarticles adoptés successivement par l’Assemblée. Non

Comitéde cons-titution.