INTRODUCTION.
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porter à quarante-cinq vaisseaux. À la vérité, il étaitplus aisé d’expédier un décret que de faire sortir laflotte de Brest . Néanmoins cette fermeté en imposaau gouvernement britannique, qui se contenta d’unesatisfaction insignifiante , bien convaincu qu’une occa-sion plus propice ne tarderait pas à se présenter. Ilavait d’ailleurs trouvé dans ces démonstrations lemoyen de se faire assigner les fonds nécessaires pourcontinuer ses préparatifs en silence. Quelques joursaprès, l’Assemblée pria le Roi de négocier avec lespetits princes allemands possesseurs de biens en Alsace ,et qui se trouvaient lésés par les décrets sur les pri-vilèges ou droits féodaux. On ne s’attendait guère alorsque des réclamations d’une si mince importance , de-viendraient le prétexte d’une guerre sans exemple.
Ces débats solennels sur les intérêts extérieurs fi-rent diversion à la véritable situation du royaume. Lana-tion venait de conquérir des droits précieux sans doute;mais rompant cette union qui constituait sa force, elleavait substitué des théories vagues à une administra-tion dont les ressorts étaient puissants : les liens sociauxse trouvant ainsi relâchés, un vaste champ futouvertauxpassions , aux intérêts individuels , à l’ambition person-nelle , qui trop souvent prennent les dehors du bien pu-blic et du patriotisme. Des désordres menaçants éclatè-rent dans les colonies ; Saint-Domingue et la Martini-que se trouvaient dans une agitation qui présageait lesplus grands malheurs : l’escadre de Brest faisait crain-dre une insurrection ; des scènes de carnage se pas-saient à Nancy dans le régiment suisse de Château-Vieux , et dès excès commis à Nismes provoquaient lafédération du camp de Jalès.