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INTRODUCTION.
nouvelles doctrines, et la législation étant confiée àune seule chambre composée de ces hommes ardents( 1 )avec l’initiative des lois, il semblait facile de prévoirtpie le trône chancelant de Louis ne tarderait pas às’écrouler. Si, comme l’a dit un écrivain célèbre, l’his-toire de cette législature ne fut, à proprement parler,que le complot du 10 août, ourdi pendant quelquesmois , il faut avouer toutefois que cette journée fut lerésultat de la position respective des partis , plus quecelui d’une trame odieuse. La peur qu’ils s’inspiraientréciproquement; la grandeur des intérêts créés ouattaqués; d’une part, la résistance à d’utiles réformes;de l’autre, la tendance générale des esprits vers la dé-mocratie , furent les causes importantes qui, mises eujeu par de violentes passions, amenèrent successive-Jment ces attentats inouïs. !
Les premières séances furent consacrées à s’observer;;les mois d’octobre et de novembre se passèrent à grou-per ies hommes dans les deux partis qui se formaient,et à essayer leurs forces. Il y avait peu d’hommes atta-chés au système de la monarchie, quelque démocra-tique qu’on l’eût rendu, car l’opinion individuelle d’un
(1) La noblesse étant en fuite, les prêtres poursuivis et suspec-tés , les hommes de lois se trouvèrent la classe la plus naturelle-ment portée aux affaires. Cette corporation où de grands talentset de grandes vertus se firent souvent remarquer, est quelquefoisdangereuse par la nature même de son instruction. Habitués paiétat à soutenir les thèses les plus opposées, et à chercher dans les)élans de l’éloquence le moyen défaire passer des sophismes, il esljrare que les hommes de loi possèdent les connaissances exactes)nécessaires pour régir une grande nation. On ne vit point sortirde Richelieu ni de Mazarin de cette classe d’hommes h qui la sou-veraineté de la France allait être confiée.