U VUE i , CUAP. III.
163
l'homme, que la Prusse et T Autriche s’apprêtaient à lescombattre, l’imperturbable Albion portait ses effortsdans le Bengale et s’assurait, par la soumission du sultande Mysore , un empire absolu dans la riche presqu’îledu Gange .
Cependant l’abandon de tous ses intérêts d’outre-iner ne rendait pas la France plus sage sur le conti-nent européen . L’Assemblée Nationale, d’après lerapport de sou comité diplomatique , avait rendu undécret pour inviter le Roi à demander des explicationsà l’empereur d’Autriche. Le prince de Kaunitz réponditle 17 février 1792, aux dépêches de M. de Lessart àM. de Nouilles, ambassadeur à Vienne . La note duministre autrichien était d’un style modéré ; elle don-nait des éloge à la constitution et au peuple français ,mais elle attaquait fortement le parti des Jacobins et lesmaximes révolutionnaires qu’il propageait, et c’étaitjustement le moyen le plus sûr de provoquer la guerre :dans le fait, cette note ne donnait que des satisfactionsillusoires (i), car la coalition existait, les armementsse continuaient, laPrusse et l’Autriche venaient de selier plus étroitement par alliance offensive et défen-sive , signée à Berlin , le 7 février 1722. On paraissaitn’attendre que l’occasion pour une rupture qui depuislongtemps était inévitable.
M. de Lessart, en succédant à M. de Montmorin,avait apporté dans ses relations le même caractère dedroiture avec moins de défiance pour les sentiments del’Assemblée. Il vint soumettre imprudemment, dans laséance du 3 mars, la réponse qu’il avait faite au nom
La
rupture
devient
inévita-
ble.
(1) Voyez pièces justificatives, n. tt.