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LIVfiE I, Cil AP. IV. 173
sur la simple présentation d’un mémoire dans lequel ildonnait des idées pour aligner des bataillons sur lesdrapeaux ; on se crut lieurcux qu’il daignât accepterun régiment et l’instruire suivant sa méthode.
Le gouvernement donnait ainsi l’exemple de cescandale national, et, il faut en convenir, les Françaisne furent que trop enclins à le seconder. Les étrangersflattés de la supériorité qu’on leur décernait , se gar-dèrent bien de combattre des opinions auxquelles ilstrouvaient si bien leur compte , et chacun s’accordait àplacer les troupes françaises au dernier rang : encore unpas rétrograde, et elles se fussent trouvées au niveaudes soldats du pape.
Cependant la guerre d’Amérique ranima un peucette émulation, source des plus beaux faits d’armes.Les expéditions de la Grenade et de Saint-Eustache,les campagnes de Lafayette, de Saint-Simon et deRochambeau contre les Anglais aux États-Unis , ter-minées par la capitulation de Cornvvallis, firent pres-sentir que les grenadiers de Louis XVI , éclipseraientun jour les soldats de Condé. Si l’impulsion donnéepar cette guerre à des dogmes exagérés eut de funestessuites pour la monarchie , on ne peut dissimuler lesservices immenses qu’elle rendit en retrempant l’espritmilitaire.
Tandis que ces poignées de braves s’illustraient surles rives de la Delaware et sur les rochers des Antilles ,Ses disputes de théories continuaient en Frauce. L’état-major , le gouvernement et les faiseurs se partagaiententre les différents systèmes; mais pendant que les chefss’égaraient dans les plus fausses routes , les troupes ras-semblées perfectionnaient leur instruction et leur dis-
TOM. 1. IG