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LIVRE I, CIIAP. IV.
ne serait-il pas injuste de frapper d’exclusion la classerespectable des officiers de fortune , et ne semble-t-ilpas plus dangereux encore que les grades supérieurset les commandements en chef qui doivent être le prixdu génie, de l’expérience et du dévouement, devien-nent le patrimoine de quelques coteries privilégiées ?Un gouvernement impartial n’oubliera jamais que sousLouis XVI , Bonaparte , Moreau, Kléber , et tant d’au-tres guerriers non moins célèbres , eussent été con-damnés à une nullité éternelle ; tandis que sous le longrègne de Louis XV , on ne trouva pas même dans lanoblesse française un général marquant, puisque lemaréchal de Saxe qui illustra cette époque était étran-ger. Cependant le ministre Ségur , égaré par les fatalspréjugés du favoritisme, ne se borna pas à considérerles places d’officiers comme l’apanage des gentilshom-mes à quatre quartiers ; il établit par de nouveaux ré-glements une démarcation entre ces nobles eux-mêmes;et les régiments furent accordés d’emblée aux rejetonsdes familles présentées à la cour , pendant que cellesde provinces languissaient éternellement dans les gra-des subalternes. De tels abus n’étaient pas seulementpropres à jeter le découragement dans la jeunesse ap-pelée à la défense de l’Ktat ; ils mécontentèrent toutel’armée, à l’exception d’un petit nombre d’individus,et irritèrent surtout ceux qui appartenant à la mêmecaste, s’estimaient d’autant plus égaux en droits.
A la vérité on citait quelques roturiers élevés augrade d’officiers , mais ce n’était qu’à force d’années etde protections; encore un lieutenant de cavalerie , par-venu à travers tant d’obstacles, ne montait-il jamaisau rang de capitaine. Le pauvre gentilhomme lui-même