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Tome premier. Introduction.
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LIVRE I , CHAI». IV. 177

La condition du soldat se trouva d’un autre côtéaméliorée ; la législation militaire se coordonna avecl’esprit national ; on établit un mode d’avancement,où les droits de l’ancienneté et ceux du talent furentsagement balancés.

L’organisation des corps éprouva plusieurs secoussespar les différents changements de ministères , mais aufond l’état militaire de France resta à peu près lemême. Son mode de recrutement était volontaire de-puis trois siècles. Ce système que les rois avaient subs-titué aux levées de la féodalité , en soudoyant d’aborddes régiments étrangers, puis en enrôlant les vagabondsde leur propre pays, n’avait jamais été suffisant, eton fut de bonne heure forcé de recourir aux milices.François I er , Henri IV en levèrent sous différentesdénominations ; mais elles furent définitivement insti-tuées par Louvois en 1688 : le nombre de celles misessur pied sous Louis XV , s’élevait à cent dix bataillons,forts de cinquante-cinq mille hommes. Ce service con-sidéré comme une des charges les plus vexatoires ,pesant sur les bourgeois, fut assimilé aux corvées, etla plupart des cahiers en demandèrent l’abolitionaux États-Généraux. D ès la fin de 1789, une contro-verse intéressante s’éleva entre le ministre Latour-Du-pin et Dubois-Crancé , député à l’Assemblée : le pre-mier avait proposé de porter les milices à cent vingtmille hommes, en conservant à peu près leur ancienneorganisation, et fixant la force des troupes de ligne à centcinquante mille hommes. Dubois-Crancé combattit ceprojet avec chaleur : il prétendit qu’il serait plus avan-tageux de rendre l’armée entièrement nationale , desupprimer l’ancienne milice, et de la remplacer par

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