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INTRODUCTIONS
une espèce de conscription à laquelle tous les Français seraient assujettis.
Ce projet, quelque spécieux qu’il parût, offrait uninconvénient grave , celui de désorganiser de fond encomble les cadres précieux où se trouvaient cent trentemille vieux soldats , alors présents sous les drapeaux.
On aurait pu aisément prendre du projet ce qu’iloffrait d’avantageux et en écarter tout ce qui étaitdangereux, puis préparer de longue main la fusion desmilices avec les troupes soldées. Mais l’Assemblée,plus frappée des vices des anciennes institutions mili-taires que pénétrée de l’urgence d’en adopter denouvelles ; toujours disposée d’ailleurs à se populariser,en renversant ce que le peuple considérait comme unecbai’ge, décréta le 16 décembre la suppression destroupes provinciales, et enleva par-là soixante millesoldats à la France , sans prendre aucune mesure pourles remplacer.
Dix-huit mois s’écoulèrent sans qu’elle songeât à répa-rer cette faute : ce qui paraîtra d’autant plus étrangeque l’Autriche et la Prusse déployaient depuis undemi-siècle des forces redoutables , et que les hommesd’État les plus sages avaient représenté à Louis XVI ,dès le commencement de son règne , la nécessité de semettre à l’unisson de ses voisins. Il paraît qu’une con-fiance exagérée dans les milices bourgeoises établiespartout le royaume, après le 14 juillet 1789, fut lapremière cause de l’étonnante sécurité de l’Assemblée.Ces trois millions de gardes nationales , bonnes pourappuyer ses décrets, étaient cependant peu propres àdéfendre leurs foyers , bien moins encore à alimenterl’armée en cas d’expéditions hors des frontières. En