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effet ces millions d’hommes sur lesquels les Girondins comptèrent présomptueusement en attisant le feu de laguerre, n’auraient pas garanti la France de l’invasion,si d’autres circonstances n’y eussent concouru.
Le moyen le plus elïicace et le plus simple de donnerà la puissance nationale le développement dont elleétait susceptible, pour la mettre en harmonie avec celledes autres Etats , semblait être d’assurer un bon modede recrutement aux troupes de ligne comme noyau del’armée, et d’adopter ensuite, avec quelques modifi-cations, le système des milices tel qu’il existe en Suisse ,pour servir d’auxiliaire dans les grandes occasions.Cette institution si simple , qui range toute la popula-tion militaire d’une nation en réserves sédentaires eten bataillons mobiles organisés d’avance ,. exercés auxpremiers éléments du port d’arme et des feux , et quimarchent à tour de rôle à mesure que les dangers de' la patrie l’exigent , convient particulièrement au ca-ractère français ; elle eût été à cette époque le moyenle plus sûr de résister aux nombreux ennemis que l’onse préparait. D’abord, on aurait pris dans cette milice ,par des appels , le nombre d’hommes nécessaire pour| compléter l’armée ; puis, en temps de guerre, on eûtdoublé la force des régiments en leur joignant un oudeux bataillons de milices , indépendamment du sup-plément en hommes que chaque compagnie de ligneaurait pu recevoir à son entrée en campagne. De cettemanière , avec un état de paix de cent quatre-vingt' mille hommes , l’armée régulière eût été aisément por-tée à deux cent cinquante mille par le premier complé-ment, et à cinq cent mille par le doublement en milices.
Vers la fin d’avril 1793, la réduction des régiments qui.