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LIVRE I, CUAP. IV.
des corps énormes de cavalerie rompre en colonnes àun signal donné , changer de direction , dérober leursmouvements àl’ennemi, paraître subitement sur une ex-trémité de sa ligne, et s’y former avec la/rapidité de l’é-clair, sans déploiement, par une simple conversion desdivisions (i) : c’était là que, par un mouvement opposé,on voyait la même cavalerie rompre en colonnes, exécu-ter par lignes un changement de front perpendiculaireen arrière , et se reformer , à droite ou à gauche en ba-taille sans déploiement, comme àlabataille de Rosbach.
Ces manœuvres étaient ainsi plutôt destinées à l’in-struction des officiers-généraux qu’à celle des troupes 5elles leur apprenaient à calculer les distances et les in-tervalles de temps, souvent si décisifs à la guerre : ony essayait tous les systèmes d’attaque et de défense lesplus avantageux aux différentes armes , et la combinai-son des grands mouvements par lesquels on parvientà accabler une partie de la ligne ennemie en masquantses projets ; enfin, elles enseignaient à choisir des posi-tions, et à y placer les troupes de manière à être àl’abri de semblables entreprises de la part de l’ennemi :Frédéric, en un mot , faisait faire à ses généraux descampagnes en pleine paix.
Ses soins ne se bornaient pas là, et nous dépasserionsles bornes de ce tableau si nous voulions citer tous lesmoyens que ce grand roi employait pour porter sonarmée au plus haut degré de perfection. Nous avonsdit que les officiers rivalisaient d’émulation dans l’étudede leur métier; on avait en effet établi à Berlin un
(1) On peut voir l’explication de cette manœuvre dans le Traitédes Grandes Opérations Militaires, tome I er , chapitre V.
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