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LIV11E I, CHAP. IV. \ 95
cellente école à Ségovie ; nous avons eu occasion denous assurer qu’elle ne le cédait à aucune autre enEurope , pour son instruction , sa bravoure, et sonmatériel.
Le génie se trouvait également sur le meilleur pied;les travaux des places, ceux des ports et des ponts-et-chaussées, attestent que cette arme réunissait au su-prême degré toutes les connaissances des arts et dessciences dont elle emprunte le secours. Les écoles mi-litaires de Cadix , Barcelone et Zamora assuraient à lajeunesse qui voulait parcourir la carrière militaire, uneinstruction analogue à l’arme dans laquelle elle comp-tait servir.
L’Espagnol sobre , vigoureux , infatigable , possèdede grandes vertus guerrières, mais il manque d’acti-vité soutenue. Si, dans ces dernières révolutions, son ca-ractère se soumit difficilement à la discipline , nousavons été induit à penser, en observant l’esprit du peu-ple , que dans les temps ordinaires s’il y serait plus fa-cilement ployé. Son courage tumultueux prêtait beau-coup à une prompte désorganisation, car la déroute esttoujours compagne de cette disposition naturelle desesprits chez les peuples méridionaux.
Nul ne parvenait au grade d’officier dans les troupesespagnoles sans être d’abord cadet dans le même régi-ment,. 11 fallait être noble pour être officier dans lesdragons, mais dans le reste de la cavalerie on n’y re-gardait pas de si près, et pour l’infanterie cela n’étaitpoint nécessaire.
Les sergents avaient un avancement assuré, car lainoi-tié des places de sous-lieutenants leur était dévolue, àl’exception pourtant de ceux d’artillerie et des gardes.