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Tome premier. Introduction.
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INTHODUCTION.

Ce mélange dégoûta du service la noblesse, qui roii'git de voir ces officiers de fortune marcher de pair avecelle et quelquefois la commander. Bien différents en celade la noblesse russe , dont les premières familles bri-guent l’honneur de commencer leur apprentissage dansles derniers emplois de l’état militaire, les grandsd’Espagne voulaient, comme ceux de France , débuterpar des régiments , et ne pas partager avec des plé-béiens les chances du commandement et des gradessupérieurs. Aussi fut-il un temps où l’on n’aurait pascompté quatre grands d’Espagne dans les armées deterre ou de mer. Ils se sont un peu guéris depuis de cespréjugés , voyant sortir des rangs de l’armée républi-caine des hommes qui avaient cette élévation d’ameet de sentiments, source inépuisable des grandesactions.

Le peuple avait le même dégoût pour le service ; at-taché à ses foyers , redoutant le déplacement, il n’a nicette légèreté, ni cette mobilité qui détermine les au-tres nations à s’enrôler : il est sobre, ne se livre jamaisà l’ivrognerie , et rarement au libertinage ; il marchecependant quand il le faut, et sa valeur ne se démentpoint dans les occasions. La répugnance des Espagnols est encore plus forte pour l’infanterie que pour la ca-valerie : aussi ne put-on jamais compléter un régimentnational ; il n’y avait que les étrangers, dont l’effectifapprochât de la force déterminée par l’ordonnance.Troupes L’armée sarde était une des mieux instituées : prèsitalien- de trente mille hommes d’infanterie de ligne, quinzenés. mille milices , divisés en trente bataillons , dont onaurait doublé la force au besoin, et qui ne le cédaienten rien aux meilleures troupes de l’Europe , donnaient