LIVRE XVIII, Cil AP. CXI.
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futurs intérêts de la France et à ceux du parti qui avait en faveur<letriomphé dans la révolution. Quelques écrivains ont penséqu’il aurait pu rallumer l’insurrection de l’Ouest et mécon-tenter la moitié de la république, qu’il importait précisé-ment de calmer. Sans doute leurs craintes n’eussent pasété dénuées de fondement, si l’on eût voulu introduire laréforme par des voies rigoureuses, car, malgré tout son pou-voir , le Consul eût bien pu échouer , là où Henri VIII etGustave Vasa avaient réussi ; les grandes réformes religieu-ses sont l’ouvrage des circonstances et de l’à-propos ; vou-loir les forcer , c’est soulever les peuples et faire des mar-tyrs au lieu de prosélytes. Mais loin qu’il fût questiond’imposer une loi aux consciences, il suffisait de les dirigeravec douceur. Dans l’état où se trouvait alors le catholicismeen France, il est probable qu’on n’eût pas rencontré un ob-stacle invincible à l’introduction d’un système de tolérance,qui eût placé la première religion d’Henri IV au niveau decelle de Charles IX. Bonaparte lui-même partageait cet avis,lorsqu’il répondit à Fox, au sujet du mariage des prêtres :
« Il me serait plus facile d'établir la confession d'Augs-» bourg . »
Mais le premier Consul voulait, avant tout, la consolida- Bonapartetion de son pouvoir ; déjà il disait comme Louis XIV : | e t][ ^ter e
tat, c'est moi; » et dès qu’une mesure , susceptible de pro-duire un grand bien dans l’avenir, était de nature à provoquer Rome,une résistance momentanée, il la rejetait comme dange-reuse. Dès-lors, le moyen de substituer un patriarche fran-çais au S'-Siége dut lui paraître moins sûr encore que celuide protéger la réforme; car si la constitution civile imposée