LIVRE XVIII , CI1AP. CXII.
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La situation était délicate, et pour en présenter le tableau. Moiifs
de celte
nous ne saurions nous servir de couleurs assez vives, sans les politique,emprunter au premier Consul lui-même : a Le colonel Vin-» cent, dit-il, était fort avant dans la confiance de Toussaint,
» dont il était le chargé d’affaires. Il se trouvait alors à Paris.
» Le premier Consul le fit appeler, lui fit connaître sa par-» tialité pour les noirs, sa confiance entière dans le carac-» tère de Toussaint, et le renvoya dans la colonie, porteur,
» 1° du décret qui nommait Toussaint-Louverture général» en chef de Saint-Domingue: 2° de la constitution de« l’an VIII ; 3° d’une proclamation aux noirs, où il leur» disait : Braves noirs, souvenez-vous que la France seule» reconnaît, votre liberté ! Il joignit au colonel Vincent deux» autres commissaires, et les chargea de prendre de concert» toutes les mesures nécessaires pour rétablir le calme et» faire cesser les hostilités. Cette sage politique eut les plus» heureux effets, lligaud repassa en France, les hommes de» couleur posèrent les armes, l’autorité des noirs fut recon-« nne sans contradiction dans toute la colonie; ils se livrè-» rent à l’agriculture ; la colonie parut un moment renaître» de ses cendres; les blancs furent protégés; les hommes de» couleur même, garantis par l’influence morale de la mé-» tropole, respirèrent et se remirent des pertes qu’ils avaient» faites. Les années 1800 et 1801 furent deux années de« prospérité pour la colonie ; l’agriculture, les lois, le com-» merce refleurirent sous le gouvernement de Toussaint-» Louverture ; l’autorité de la métropole fut reconnue etres-» pectée, du moins en apparence, car Toussaint rendait» compte exactement tous les mois au ministre de la marine.