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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

éclairer les doutes qui régnent sur les véritables intentionsde Toussaint envers la France, il serait impossible d’arriverà un résultat satisfaisant. Le caractère impénétrable de cethomme astucieux ne permet pas de croire qu’il ait jamais faità ce sujet des confidences sincères à aucun des employés quil’entouraient. D’ailleurs son ambition inextinguible autorisede reste à penser , que le Président à vie n’eût pas gardélongtemps la tutelle volontaire à laquelle il affectait de sesoumettre, afin de gagner le temps d’asseoir son autorité.Nul doute que la première hostilité entre la France et l’An-gleterre n’eût signalé la proclamation de son entière indé-pendance, dès que son pouvoir bien affermi dans l’île, luieût permis de risquer ce pas sans inconvénient.

Partant de là , toutes les suppositions des écrivains quiont rendu compte de cette expédition, porteraient à faux ,puisqu’elles présentent l’attaque dirigée contre lui commeune espèce d’injustice non moins inutile qu’imprudente.Pour mieux juger ces conclusions qui nous semblent par tropexclusives, il faudrait poser la question de la manière sui-vante :

1° En séparant les intérêts des noirs de l’ambition per-sonnelle de Toussaint, et en y envoyant 15 à 20 mille hom-mes, la France ne peut-elle pas espérer de voir son autoritéentièrement rétablie à Saint-Domingue ?

2° Supposant même que la première campagne coûtâtles 20 mille hommes; si l’année régulière des noirs estdomptée et qu’on remplace les pertes essuyées par les trou-pes européennes, ne peut-on pas compter sur la soumissionde l’ile par la force ?