66 ÜISTOlRE DF.S GUERRES DE I.A RÉVOMJTIOX.
tion de mise en état de siège, qui pouvait au besoin faire pas-ser l'autorité entière aux mains du capitaine-général, étaitune faute grave. Dans ees possessions lointaines, entouréesd’ennemis entreprenants, obligées de se suffire souvent et^longtemps à elles-mêmes, il fallait plus que partout ailleurséviter de froisser les amours-propres et d’élever des conflitsd’autorité ; un gouvernement fort et concentré était donc leseul qui leur convînt.
L'amiral L’amiral Lacrosse fut désigné pour gouverneur-généralest nommé de la Guadeloupe. Lescalier eut la place de préfet colonial,
gouverneur . . . .
et Goster la justice. Le premier prit Jes devants et arrivale 29 mai 1801 à la Pointe-à-Pitre avec le général Bethen-U s'v fait de court, chargé du commandement des troupes. Il y fut d’a-
nombreux . . . . ...... . . . ,
ennemis, bord bien accueilli, mais les premiers actes de son autoriténe tardèrent pas à exciter le mécontentement. On le soup-çonna d’ètre ennemi des hommes de couleur ; quelques ar-restations faites parmi les officiers de cette caste qui avaientle plus concouru à la délivrance de Pile, ne laissèrent plusde doute sur le projet de les éloigner des affaires, et sur lerétablissement successif du système qui avait jadis régi lescolonies françaises. Un passe-droit fait au colonel Pelage,mulâtre de mérite qui avait servi d’une manière brillante àla Martinique et à S lc -Lueie, donna bientôt un chef à cesmécontents (1). La publication de la constitution coloniale
(i) Le général Bethencourt qui s’était gagné tous lescœursparla douceur de ses formes étant mort, le commandement destroupes appartenait à Pelage, qui était arrivé en 1799 avec La-vaux, Janet, etc. L’amiral s’en investit lui-même, et mécontentaainsi un officier sur lequel on aurait pu compter.